Histoire

L’École d’Arts et Métiers en 1936.

Le rêve latent de 1853 et sa réalisation éphémère de 1863 ne se concrétisa finalement que près de trois quarts de siècle plus tard par la construction en 1935 d’un édifice sur les terrains du Séminaire grâce à la générosité de l’homme d’affaire de Rimouski M. Jules-A. Brillant. Les cours débutèrent à l’École d’arts et métiers de Rimouski (école Brillant) en septembre 1936. Pour y être admis, les élèves devaient avoir complété la sixième année du cours primaire. Le programme des études comprenait une partie théorique : français, histoire, géographie, anglais, mathématiques, mécanique, physique, sciences naturelles, électricité, chimie, technologie et dessin industriel. Ces cours étaient alors dispensés dans les salles de classe du Séminaire. La partie pratique permettait d’obtenir un diplôme après trois années dans la spécialité à laquelle l’étudiant s’était inscrit : charpente, menuiserie, ébénisterie, forge, ajustage mécanique, soudure et oxy-découpage. Cette formation technique avait lieu dans les ateliers nouvellement construits. Pour obtenir le titre de technicien, une année supplémentaire est cependant requise ; seules les Écoles Techniques de Québec et Montréal sont alors habilitées à fournir cette formation supplémentaire. (Emploi du temps des élèves de l’É.A.M.R. en 1939-40) En 1940, le niveau d’admission fut haussé à la huitième année. À l’automne 1942, pour répondre à une demande de formation d’artisans, l’École ajouta un cours d’une durée de deux années. Ces étudiants devaient avoir complété avec succès une septième année.  Ce diplôme permettait également de s’inscrire au cours technique de trois ans dont le niveau d’admission exigeait alors une neuvième année.

L’entrée en guerre du Canada en 1939 exigea un besoin accru de main-d’oeuvre spécialisée dans les forces armées. L’École d’arts et métiers fut alors mandatée pour dispenser de la formation technique aux militaires. Ainsi, durant l’année scolaire 1942-1943, l’école dispensa des cours à 92 élèves réguliers, dont 64 étaient pensionnaires au Séminaire, 180 militaires et 22 civils qui suivaient les « cours d’industrie de guerre ». Les besoins de formation en électricité, en radiotélégraphie et en mécanique automobile exigèrent la construction de nouveaux ateliers. On en profita pour rapatrier certains services fournis par le Séminaire. Ces constructions débutèrent à l’automne 1943 et « malgré la rareté de la main-d’oeuvre », les nouveaux locaux furent à la disposition des élèves et des professeurs pour la rentrée scolaire de septembre 1944. Ces ajouts permettent alors aux pensionnaires de quitter les locaux du Séminaire pour occuper leur propre dortoir, leur salle de récréation, leur salle d’étude et même leur chapelle, mais ils doivent continuer à prendre leurs repas à la cafétéria du Séminaire. La clientèle régulière est composée dès lors de 150 pensionnaires et de 45 externes. Cette progession rapide du nombre d’étudiants qui s’inscrivaient à l’É.A.M. de Rimouski  était due à deux facteurs principaux comme en témoigne un ancien élève dont la famille habitait Farnham : « En 1942, la guerre fait rage en Europe ; j’ai seize ans et j’ai été convoqué pour le service militaire. Comme j’étais en bonne santé, la seule façon d’obtenir une exemption était la continuation de mes études que, de toute façon, j’étais bien décidé à poursuivre. » et d’enchaîner : « J’ai choisi de fréquenter l’École d’arts et métiers de Rimouski parce qu’elle était la seule école du genre qui admettait des pensionnaires. »

En 1948, l’abbé Antoine Gagnon qui avait été nommé directeur de l’École en septembre 1940, demanda et obtint la permission d’offrir la quatrième année du cours technique. L’École d’arts et métiers de Rimouski rejoignait ainsi le groupe très limité des écoles techniques de la province ; elle serait dorénavant connue sous le nom d’École technique de Rimouski.

L’année suivante, conformément à la loi de l’Enseignement spécialisé de la province, un jury d’examen dut être nommé et réuni pour évaluer le dossier des étudiants en terminale, préalablement à l’obtention de leur diplôme de technicien. Ces personnes devaient fonder leur jugement sur le parcourt académique du postulant et la qualité de son travail de fin d’études. Ce jury nommé par le ministre du Bien-être et de la Jeunesse d’alors, l’honorable Paul Sauvé, fut formé pour cette première évaluation de M. Albert Laniel, I.P., chef de bureau des Travaux publics à Rimouski, M. Thomas Bernier, I.P., président de la Cie de pouvoir du Bas Saint-Laurent, M. Elzéar Côté, maire de Rimouski, M. Guy Bernatchez, président de Guy Bernatchez enr. de Matane, M. Antoine Gagnon, prêtre, directeur de l’É.T.R., M. Antoine Gauthier, directeur des études à l’É.T.R. et M. Antoine Saint-Amand, professeur et chef de section d’ajustage à l’É.T.R. Exception faite de 1950, année du sinistre de Rimouski, un jury des examens fut nommé et réuni chaque année jusqu’en 1967 pour évaluer les mérites des centaines de candidats des 19 promotions au diplôme de technicien.

En 1957, nouvelle appellation, l’École technique de Rimouski devient l’Institut de technologie de Rimouski. En 1958, les étudiants de 11e année du cours secondaire peuvent obtenir un diplôme de technicien en trois ans. Ceux qui n’ont qu’une 9e ou une 10e année doivent faire une année préparatoire à l’Institut. (Variation de la clientèle de 1936 à 1964)

En 1967, l’Institut de technologie de Rimouski fusionne avec les autres écoles de niveau collégial de Rimouski pour devenir le Collège d’enseignement général et professionnel de Rimouski : le Cégep de Rimouski.

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